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Connu comme écrivain, novelliste, poète, dramaturge, enfin scénariste, comédien et réalisateur de courts métrages, Pierre Bourgeade est aussi critique d’art et co-auteur de livres d’artistes depuis la parution des Immortelles en 1966.
Ses nouvelles érotiques en prose et en vers, ses poèmes s’accordent avec le talent d’artistes pour qui il écrit des préfaces, réalise des interviews. Il commente leurs oeuvres, il échange une correspondance avec eux et collabore pour des ouvrages d’artistes recherchés, à savoir Man Ray, Molinier, Maccheroni, Agullo, Irina Ionesco, Klasen, Cueco et de plus jeunes Nathalie-Noëlle Rimlinger, Marie L., Marie Morel, Mylène Besson.
Il développe, en outre, une œuvre visuelle personnelle.
1- Critique d'art
2- Collaboration à des livres d'artistes
3- Auteur d'une œuvre visuelle personnelle
4- Amis artistes et co-auteurs
1- Critique d'art
"L'écrivain n'est pas critique d'art. Il n'a pas le langage du spécialiste. Il ne peut d'abord que céder à l'impression."
3- Auteur d'une oeuvre visuelle personnelle
Pierre Bourgeade développe depuis longtemps - avant 1970 - une œuvre visuelle personnelle faite de photographies (photomontages, xérographies, polaroïds) et de dessins. Pierre Belfond fera aussi l’acquisition de certains de ces dessins.[1] Il s'intéressa à la calligraphie, la sculpture, réalisa des expositions.
Dès 1973 dans Zoom, Pierre Bourgeade publie un court extrait de L’Aurore boréale accompagné de photographies prises par lui et qui entretiennent avec le texte d’évidents rapports même si elles n’en sont nullement une illustration immédiate. Afin de conserver à ces documents leur aspect anecdotique et d’en respecter le véritable sens – un bloc-note au service de la fantasmatique, les clichés ont été reproduits d’après les photocopies que Pierre Bourgeade avait communiquées à la revue.
Il établit un parallèle entre son écriture dense et courte (nouvelles, sonnets, quatrains) et son goût pour des images contrastées, issues de ses photographies photocopiées en noir et blanc, dont les nuances de gris et les valeurs intermédiaires sont gommées, rejoignant par là ses dessins à large traits d’encre.
Dans Fantômes & Fantasmes[2], Pierre Bourgeade a réuni des photocopies d’un dessin et de photographies. De courtes phrases, instantanés poétiques, "illustrent" ces clichés détournés de l’intimité féminine. Pierre Belfond qui a signé la 4e de couverture de l’ouvrage, précise : « L’auteur ouvre pour nous ses carnets secrets : paysages, croquis, autoportraits… ou, surtout nus féminins. "À bas la beauté !" se serait écrié l’une de ses complices. C’est peut-être vrai, mais il y a, dans la manière – sans précédent semble-t-il – dont Pierre Bourgeade approche le corps de la femme, une grâce sadienne qui n’a rien à envier à ce qu’on appelle la beauté. »
Pierre Bourgeade a déclaré : « J’ai toujours fait beaucoup de photos, la photographie remplaçant pour moi, d’une certaine manière, le journal intime que je n’ai jamais réussi à tenir. Mais il me semble que l'épreuve photographique mate ou brillante, sur son papier glacé, est trop précise comparée à ce qui reste d’une image féminine, dans notre souvenir. C’est pourquoi, tout en conservant précieusement négatifs, épreuves et polaroïds, il m’arrive souvent de les agrandir et de les reproduire en nombre limité par des procédés xérographiques qui donnent à l’image (à l’image érotique, en particulier) le tramé et le grain de la mémoire. J’ai donc accepté avec un grand plaisir la proposition qui m’a été faite par Ornicar de réunir en un album, intitulé Fantômes & Fantasmes une trentaine de ces images. Plutôt que de les accompagner des légendes habituelles, il m’a semblé plus amusant de leur faire illustrer un récit : la découverte, à Londres, du crâne du Marquis de Sade, disparu, on le sait, le jour de son autopsie, le 2 décembre 1814, mais retrouvé depuis par une amie à moi, et resté en ma possession, comme il est raconté dans ce livre. »[3]
"Ce que je ne peux pas dire avec les mots, je le photographie", affirme Pierre Bourgeade. Fantômes et fantasmes. J'y ai écrit une nouvelle sur la disparition du crâne du marquis Sade qui court tout au long des photos ou plutôt des photocopies de photos."Autoportraits déformés, oeil de voyeur, dos de femmes, sexes béants..."En couleur, ce cliché serait vulgaire et intolérable. Là, j'ai joué avec le noir et le blanc des photocopies de photocopies. Les photos deviennent abstraites, comme si un travail de la mémoire s'était déjà effectué."[4]
[1] BELFOND (Pierre). Dessins d’écrivains. Paris, Éd. du Chêne, 2003. ISBN 2-84277-489-2
[2] BOURGEADE (Pierre). Fantômes & Fantasmes. Paris, Ornicar, 1999, 66 p. ISBN 2913888-03-8
[3] BOURGEADE (Pierre). « La dédicace de l’auteur », France Inter, 4 avril 2000.
[4] BOURGEADE (Pierre). « Tout contre l’infini ». Propos recueillis par Marie Gauthier. http://www.inventaire-invention.com/lectures/gauthier_bourgeade.htm
4- Amis artistes et co-auteurs
« Comme il avait en lui une humanité curieuse et incommensurable, il a entrepris, au fil de ses rencontres, de nombreuses aventures créatrices avec des femmes. » Gala Fur, Gala Strip (La Musardine, 2010)
Claude ALEXANDRE
(née le 19 mars 1940)
Photographe
Claude Alexandre s'est longtemps consacrée à la photographie, sans concession, du corps humain. Depuis quelques années, ayant eu la révélation que, dans des vies antérieures, elle avait été tueur de toros et toro, elle est allée s'installer à Séville. Elle y a acquis un appartement dans la propriété même d'Antonio Ordofiez, à toucher la maestranza, et elle photographie désormais toreros et toros. Claude Alexandre a travaillé, entre autres, pour les magazines Photo Reporter, Photo Magazine, Photo, Zoom, Vogue Hommes, Le Gai Pied, LÉcho des Savanes, Penthouse, Art Press, Libération, Le Monde, Les Saisons de la Danse... Elle a publié Le Sourire du chat (Éd. Claudia Gehrke, 2002) ; Brigitte Lahaie (textes de Pierre Bourgeade, Éd. la Musardine, 1999) ; Pietragalla (Éd. Actes Sud, 1996)... Quelques expositions personnelles : Une Passion Sevillane (Galerie de FOEuf Sauvage, Marseille, 2001), Oro Dolor y Oraciôn (Espacio Meteora, Séville, 2001), Asociacién Torre del Oro y Arenal (Séville, 2000), Espacio Meteora (Séville, 2000), Pietragalla (Festival de Danse de Sens, France, 1997), Pietragalla : une femme qui danse (Hôtel Lutetia, Paris, 1997).
Mylène BESSON
Peintre, dessinatrice
Shirley CARCASSONNE
Artiste peintre, photographe
Rémy CATTELAIN
(né en 1971, à Cambrai)
Dessinateur de presse, auteur de bandes dessinées.
Après des études aux Beaux-arts de Tourcoing et d'Angoulème, il s'installe à Bordeaux à partir de 2004. Il fait du dessin de presse pour Rue89.com. Rémy Cattelain a adapté sous le titre Tuez Diana ! le roman de la série Le Poulpe de Pierre Bourgeade Gab save the Di (6 pieds sous terre, 2008). L’Année de la Win (2009) constitue son premier recueil de dessins de presse et son quatrième ouvrage.
Site officiel de Rémy Cattelain
Blog de Rémy Cattelain
Editions Six pieds sous terre
Henri CUECO
(né le 19 octobre 1929, à Uzerche)
Artiste peintre
Né en 1929 de père espagnol et de mère française, Cueco vit dans la région parisienne (à Montmagny) et en Corrèze (au Pouget‑de‑Vigeois),En 1952, Henri CUECO participe au Salon de la Jeune peinture. Au sein de ce groupe, il développe une peinture dont la figuration participe à un engagement politique. Cet engagement sera également manifeste au sein de la Coopérative des Malassis, qu'il fonde avec Fleury, Latil, Parre et Tisserand. A côté et après cette pratique collective, Henri Cueco poursuit une oeuvre figurative qui interroge la peinture. Il participe à de nombreuses expositions en Italie et en France : maisons de la Culture , maisons des Jeunes, etc. Il est également enseignant à la faculté de Vincennes et de Paris 1. Syndicaliste, décorateur de théâtre, animateur culturel, il participe à de nombreuses émissions de télévision. Parmi ses oeuvres ("nouvelle figuration") citons : "les hommes rouges" (1968‑1970) ‑, "Le grand méchouf' (1972) ‑, "Onze variations sur le thème du radeau de la Méduse" (1974). En mosaïque : "Le bestiaire des Halles", à Paris (1977‑1978). Prix de la fondation Félix Fénéon ‑, prix du salon de la jeune peinture. L'oeuvre de Cueco révèle une double recherche. Celle liée à l'interrogation portée sur la signification et la fonction de l'image peinte... et dans la pratique de la peinture elle même, la proposition dune distance critique sur le statut de cette représentation, s'appliquant à mettre en évidence le principe de ses élèments constitutifs : composition, profondeur, figure, couleur, mouvement, motif.. par un au‑delà du sujet. Pseudonyme de Aguilella
Bénédicte DELAMAIN
(née en 1965)
Photographe
Bénédicte Delamain est tout d'abord sensible à la peinture. Elle choisi ensuite la phtographie et l'étudie à l'EFET. Actuellement photographe à la Faculté de Médecine de Necker, elle réalise divers reportages pour la galerie Area. Après diverses expositions collectives, son travail est remarqué par Jean Arrouyé aux Rencontres d'Arles en 1992, et ses images font aujourd'hui partie des collections de la Bibliothèque Nationale. Promenade au jardin, Vis à vis Galerie
Irina IONESCO
(née en 1935)
Photographe

"La photographie a pour but de capter le présent et de satisfaire la mémoire. Or la mémoire n'est pas seulement pour nous le moyen de faire réapparaître le passé, qu'il soit agréable ou douloureux, elle est le moyen de transformer ce passé, un aliment constant de l'imagination et du rêve..." C'est ainsi que Pierre Bourgeade introduisait une exposition de l'oeuvre photographique d'Irina Ionesco structurée par la dualité d’Éros et Thanatos. Et de poursuivre : "L'art d'Irina Ionesco prend racine au plus profond d'elle-même, il s'alimente aux sources intenses et diverses de sa vie. Irina Ionesco utilise l'image comme un moyen, parmi d'autres de l'autobiographie en mêlant deux univers d'images", images de l'enfance, images de la féminité, osant cette fusion en quoi les surréalistes voyaient l'"ABC" de la poésie..."
"La photographie est pour moi, écrit Irina Ionesco, un élément essentiellement poétique, je l'envisage comme une écriture théâtrale, où je fixe dans un déroulement obsessionnel et incessant tous mes phantasmes."
Jean‑Michel Devésa remarque que "le travail d'Irina Ionesco, depuis les années 1970, bénéficie d'une audience internationale : Irina Ionesco en photographiant la femme, souvent sa fille Eva, parfois des modèles célèbres ou pas (comme l'actrice hollandaise Sylvia Krystel), interroge inlassablement son double spéculaire et sa projection fantasmatique comme pour panser ses propres blessures, celles infligées par et dans une relation passionnelle et fusionnelle à la mère. Hantée et fascinée par l'imago tyrannique de la mère, ne parvenant pas à s'en détacher, Irina Ionesco n'a cessé à travers ses milliers de clichés de reproduire son spectre sensible, comme pour sinon s'en délivrer du moins transformer son emprise en omvre d'art. On aura compris que la relation mère/fille à l'origine de la force et de l'économie créatrices d'Irina Ionesco a connu un transfert, qui n'a pas été parfois sans tension, éprouvant les liens de travail et d'amour entre Eva et l'artiste. L'oeuvre d'Irina Ionesco interroge l'identité féminine dans son rapport au désir et à la sexualité par le truchement d'une mise en scène esthétisante du corps. Elle photographie ses modèles comme l'ombre projetée de la poupée qu'elle s'est sentie être dans son enfance. Son regard est celui d'un "regard‑miroir".
Peter KLASEN
(né à Lübeck (Allemagne) en 1935)
Il poursuit des études à l'école Supérieure des Beaux Arts de Berlin de 1956 à 1959. Il quitte alors l'Allemagne pour Paris, où il s'installe. Il devient rapidement une des figues marquantes de la Nouvelle Figuration (ou Figuration Narrative). B se passionne pour les images véhiculées par les mass‑media. Ses peintures dénoncent l'uniformisation du cadre de vie de l'homme occidental, explorent les abîmes et les vertiges de notre siècle La peinture de Klasen est du registre de la métaphore ; les objets qui composent ses tableaux renvoient à certaines attitudes morales ou politiques de notre temps. Son oeuvre est visible dans de nombreux musées et galeries de toute l'Europe.
Par l'étrange fascination que suscitent ses oeuvres, où se mêlent la familiarité dun environnement quotidien et la révélation &une réalité que nous ne percevons pas au premier abord, Peter Klasen, bouleverse les modalités de notre regard pour en appeler à notre réflexion. Peter KLASEN explore et réinterprète les signes de nos grandes cités. Profondément liée à l'environnement urbain, son oeuvre reste plus que jamais à la charnière du sens, entre la peinture et la vie.
" Klasen inquiète la perception du quotidien, identifie les contraires, rend manifeste les paradoxes de l'environnement technologique. Peut‑être sommes‑nous déjà passés sans nous en rendre compte, dans un univers‑fiction où camions et wagons ne sont plus d'inoffensifs moyens de transport mais des lieux
d'incarcération. Un oxygénateur permet‑il la réanimation ou bien prive‑t‑il l'oxygène ? Un fauteuil dentaire instrument de soins ou chaise électrique ? Système hydraulique, camion ou goutte‑à‑goutte ? Tout cela simultanément. Indécidable. Vous pensiez que la terreur résidait dans l'usage monstrueux des instruments ? Erreur: elle est déjà dans la forme, le médium lui‑même, quel que soit son usage ou utilisation.
Dans l'hyperfonctionnalité des objets, dans l'unidimensionnalité de sa fonction, dans le primat des teintes métallisées, un univers opérationnel, inéluctable, prend corps, sorte de spectre hyperréel, vidé de toute gratuité, de tout excès, au degré zéro de la vie, de ses formes multipolaires et de ses jeux chromatiques." (Gilles LIPOVETSKY, extrait de « Sans issue », 1978)
Marie L.
(née le 17 avril 1968, à Chaumont)
Auteur et photographe, adepte du body-art.
Après avoir préfacé Confessée (Climats, 1996) – histoire d’une femme coupable qui torture son corps pour expier sa souffrance morale –, Pierre Bourgeade a entamé une collaboration avec cet auteur qui pense et montre le corps loin des règles imposées. Pour elle, les mots et les images restent des ponts entre la vie et la mort.
Il a déclaré à son sujet : « Marie L. a fait entendre dès son premier livre une voix qu’on ne pourra pas oublier. Des textes brefs textes haletants, qui ne sont pas récits de fiction, mais fragments de vie. Témoignage presque insoutenable, qui rend pâles et artificiels bien des romans féminins dont on nous assure aujourd’hui qu’ils font scandale. Marie L. ne recherche pas le scandale. Elle veut simplement dire sa vérité. Elle exprime une réalité nue, où le sexe est un trou, l’homme une trace, la consc ience une bête à l’affût, et où les mots ne sont plus que de frêles passerelles entre la vie et la mort.»
Pierre Bourgeade et Marie L. ont écrit à eux deux un recueil de nouvelles L’Autre face : portraits de la face cachée de Paris (Arléa, 2000) et un livre de poésie accompagné de photographies : No Love (Les Libraires Entre Les Lignes, 2000). Suite à cette dernière publication, un terme a été mis à leur association.
Elle a publié seule : Petite Mort (Blanche, 1998), Noli me Tangere (La Musardine, 2000), Bloody Marie (Alixe, 2001), un recueil d’autoportraits photographiques postfacé par Pierre Bourgeade, Eaux-Fortes (Pauvert-Fayard, 2002), Red Sofia Song (Cartouche, 2009) et One day (Collection Mémoires, 2010) . Réédition de Confessée suivi de Quelques lettres au milieu d'Elle aux éditions Cartouche, sortie prévue janvier 2011.
Plus d'infos : http://www.myspace.com/sophiemariel
Pierre LELOUP
(né en)
Photographe, peintre.
Pierre Leloup a collaboré avec l'écrivain Michel Butor. Tous deux dialoguaient par pinceaux et plumes interposés pour créer des livres-objets comme autant de traces de leurs voyages réels ou intérieurs.
Henri MACCHERONI
(né en 1932, à Nice)
Photographe, peintre, graveur, poète.
Il fonde en 1982 le Centre National d'Art Contemporain (Villa Arson) de Nice avec son ami l'écrivain Michel Butor ; il en assure la direction jusqu'en septembre 1985.
Il fréquente également les écrivains, poètes et philosophes: Alain Borer, Pierre Bourgeade, Jean‑Pierre Faye, Luc Ferry, Jean‑François Lyotard, Denis Roche, Jean‑Claude Renard, Raphaël Monticelli.
Il a collaboré à différentes revues : ARTitudes Internationales, Obliques, Opus International, Silex.
Man RAY
(né le 27 août 1890, à Philadelphie (États-Unis), mort le 18 novembre 1976, à Paris)
Peintre, photographe, réalisateur
Pierre MOLINIER
(1900, Agen ‑ 3 mars 1976, Bordeaux)
Peintre et photographe (mouvement surréaliste et art corporel)
Pierre Bourgeade publie en 1966 Les Immortelles (Gallimard), un recueil de nouvelles adapté et mis en scène pour la Ve Biennale de Paris. Les prises de vues du spectacle seront éditées par Éric Losfeld en 1969. Une des nouvelles met en scène un garçon amoureux des jambes de sa sœur, c’est l’histoire de jeunesse de Pierre Molinier, peintre bordelais, photographe, fétichiste de la jambe et du talon aiguille. Toujours alerté par ses amis libraires, de ce qui peut le concerner, Moliner prend contact avec l’auteur en écrivant chez Gallimard. Débutent une amitié et une compréhension de Molinier par Pierre Bourgeade, poète, qui en a fait son meilleur observateur, sinon complice. Bourgeade est sans doute celui qui en parle le mieux.
Passer la porte de son appartement, a témoigné Pierre Bourgeade, ce n'était pas errer dans un monde marginal, c'était franchir le seuil d'un autre monde. Un monde de velours noir, de lourdes tentures et de miroirs dans lesquels se reflétaient ses créatures, mannequins aux visages de poupées dont les yeux de biche, derrière la voilette, semblaient scruter le visiteur. Mais le personnage principal, c'est le démiurge Molinier, qui ne cessera de se démultiplier dans d'étonnants autoportraits travestis dont les seules traces seront des merveilleux photomontages au petit format en noir et blanc. Molinier est un artiste contemporain de génie, précurseur de l'art corporel.
Pierre Bourgeade, dans sa préface à Cent photographies érotiques (Éditions Borderie, 1979), écrit judicieusement : « Je mesurais (face à Molinier - NDLR) combien la chose la plus simple au monde qui soit, exprimer son désir et le vivre lorsque cela ne dépend que de soi, est aussi la chose la plus impossible, et devant quel martien nous nous trouvons si, sous nos yeux, parle et se meut un être libre. »
Pierre Bourgeade a publié dans L'Aurore bauréale (Gallimard "Le Chemin", 1973) une nouvelle, " Nocturne ", qui raconte une visite à Pierre Molinier .
Marie MOREL
(née le 3 septembre 1954, à Paris)
Peintre, écrivain
Dans les tableaux de Marie Morel, couleurs et mots cohabitent finement. Fille d'architecte et d'éditeur, elle dessine depuis l'enfance. Elle publie, parallèlement à son travail de peintre, une petite revue d’art : « Regard », consacrée aux peintres et aux artistes qu’elle aime. Elle vit et travaille, depuis 1988, dans un petit village calme et isolé, dans les monts du Valromey, entourée de solitude et de ses enfants. Pierre Bourgeade avait repris le titre d'une de ses oeuvres, Sois libre. Il célébrait « un peintre à part. Une oeuvre intense, poétique, mystérieuse ».
ORLAN
Orlan a toujours dénoncé les pressions sociales exercées sur le corps, les archétypes figés, l'esthétiquement correct. Elle agit sur sa propre image par la chirurgie esthétique, mise en oeuvre en 9 "opérations‑chirurgicalesperformances". Son travail, oscillant entre défiguration et refiguration, interroge l'identité, réirivestit l'iconographie chrétienne et baroque. Elle invente l"'Art Charnel", se distinguant nettement du body‑art et de l'art corporel par la dimension de plaisir ‑ et non de douleur rédemptrice ‑ qui règne dans chacune de ses pièces. Son corps devient langue, sa chair verbe dans l'affirmation anti‑formaliste de la liberté de l'artiste, contre la société des mères et des marchands. Actuellement, Orlan commence un tour du monde des canons de beauté en vogue dans &autres civilisations et époques par le biais du numérique, qui n'est qdun outil supplémentaire à détourner, comme les autres, pour l'intégrer àsa démarche artistique. Orlan a toujours été une artiste trans‑disciplinaire (peinture, sculpture, installations ... ), "multimédia" (vidéo, son, web ... ) et ce passage du réel au virtuel ne préserve rien : il questionne tout aussi crûment la réalité que les hématomes post‑opératoires ou les reliquaires de sa propre chair. Le virtuel Warmihile pas le réel, il le réfléchit. Avec ses dernières SelfHybridations, Orlan s'imprègne des civilisations pré‑colombiennes et teste sur sa propre image les déformations du crâne chez les Mayas, les Aztèques et les Olmèques, le strabisme, les nez postiches portés par les dignitaires Mayas, etc. De nouveaux critères de beauté pour des corps mutants, hors des normes actuelles... SELFHYBRIDATIONS Textes de Orlan, Pierre Bourgeade. Edition: AI Dante, Romainville. 1999.
Nathalie-Noëlle RIMLINGER
(née en 1957, à Paris)
Nathalie-Noëlle Rimlinger est une artiste complète, qui s'attache à la recherche d'un représentation vraie des corps et des choses, de la part animale de l'âme. Elle suit en 1987 les cours du soir de sculpture à l'école des Beaux Arts boulevard de Montparnasse. De 1993 à 1999, elle devient l'assistante du sculpteur Ahad Hosseini. En 2000, elle installe son atelier à Paris 19ème, y travaille et ouvre cet atelier au public pour des séances de modelage. Elle expose pour la première fois en 1992 à la Galerie Marie Luz Del Val, Village Suisse, Paris 15ème. Elle réalise des dessins et des gravures pour des éditeurs (couvertures ou illustrations), tirages de têtes et tirages courants (Éditions Dumerchez, Cadex, Oudin, Parc, Ficelles, Moebius (Canada), éditions du Néant. De 1995 à 2000, elle dirige la revue littéraire et plastique Variable. En 2004, elle fonde et dirige les éditions de Champtin. Marie-Noëlle Rimlinger a participé à l'édition d'Erzébet de Pierre Bourgeade (Variable, 1998) en enrichissant la pièce de 3 gravures.

EXPOSITION DE PEINTURES
Exposition de peintures de Marie Morel dédiée à Pierre Bourgeade, au Musée de la Halle Saint-Pierre, ouverte du 10 septembre 2009 au 7 mars 2010 (2 rue Ronsard, Paris XVIIIe arr.) Parution d'un catalogue d'exposition "Marie Morel" éd. Chaluts-mots, septembre 2009, 205 p. ISBN 978-2-95321-3140 (30 euros) comportant un texte de Pierre Bourgeade "Sois libre" et une photographie de Pierre Bourgeade et Marie Morel par Michel Froidevaux.
Site des Editions avec un C comme Chalut-mots
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